"Le vide est tout sauf le néant"

Publié le par Eve lyne

山 水

Dans l’empire du Milieu, la peinture de paysage est appelée "peinture Shan Shui山 水  ce qui signifie « peinture de montagne ( SHAN 山) et eau (SHUI 水) », deux thèmes essentiels de l’inspiration chinoise, permettant d’infinies combinaisons.

Par « eau », il faut entendre, l’eau sous toutes ses formes : cascades, rivières, lacs, fleuves, brumes et brouillards, nuages, pluie, mer…

Dans la peinture chinoise, François Cheng explique le rôle du vide dans la peinture : « Dans certains tableaux, on constate que le vide, espace non peint, occupe jusqu’aux deux tiers de la toile. … ».

 « A l’intérieur de l’espace peint, entre la Montagne (yang) et l’Eau (yin) circule le vide représenté par le nuage. Le nuage né de la condensation de l’eau, prend en même temps la forme de la montagne.  En effet, dans l’optique chinoise, sans le vide entre elles, Montagne et Eau se trouveraient en opposition, Yin/Yang (…) alors qu’avec le vide, la Montagne peut entrer dans le vide pour se confondre en vagues et l’Eau, passant par le vide, peut s’ériger en Montagne». 

François Cheng
François Cheng François Cheng François Cheng

François Cheng

« Le vrai vide implique une donation totale.
Atteindre le vide c’est épouser ce moment où le souffle fait advenir les choses.
On est là dans l’origine de l’être.
Le taoïsme reconnaît que du rien est venu le tout.
Il éprouve la nostalgie des retrouvailles avec ce moment, celle des origines.
Le tout a vaincu le rien.
Quelque chose a été capable de faire advenir le tout à partir du rien.
Le vide est tout sauf le néant. »
François Cheng

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